Adeline Fleury, Sexual Healing

IMG_4660Ceci est un roman d’Aventure. Avec un grand A. Et sans S.

Quand je sors ce titre, je me dis quand même que si je ne suis pas censuré par la planète GAFA au moment du partage FB ça tient du miracle. Or cela tombe bien. Je viens justement vous parler d’un petit miracle de papier avec plein de s. dedans. Qu’on aurait grand tort de réduire à cela. 

Je, c’est Elle, animée par la rage d’aimer Lui, cet homme, dont elle ne peut pas se passer. Pas même un instant, assoiffé de lui, assoiffé par lui. Ce n’est plus le besoin d’être avec Lui, c’est la nécessité d’être en Lui. Tout le temps, à tout instant, jour, nuit, le voir et faire l’amour. Elle l’aime. Il est le premier à la faire jouir vraiment. Elle le dévore. C’est beau. Et dément. Vital. En cela, ce n’est déjà plus vraiment de l’amour. Cela tient plutôt d’un ravage dont Elle ne parvient pas à se défaire, sa volonté sans cesse repoussée par son besoin de Lui en Elle. Elle, cette furie démente, cette femme plurielle en pleine combustion, comme l’écrit l’auteure

« … Douce et violence.
Réservée et délurée.
Timide et impudique.
Crue et délicate.
Drôle et boudeuse.
Empathique et narcissique… »

Elle porte en elle une définition torride de la passion amoureuse. Depuis son côté absolue, lumineux au point d’en être aveuglant, jusqu’à ses entrelacs les plus sombres et les plus destructeurs. Jusqu’au point de non-retour. Point devant lequel le plus simple amour a tôt fait, lui, d’abdiquer et de retourner à des contrées plus hospitalières.

La passion cette cousine assassine et dévergondée de l’amour. La passion, cet amour insensé qui porte en lui les germes de sa propre destruction dès sa naissance. La passion qui seule provoque la douleur du manque et la présence obsessionnelle. Celle qui fait accélérer les corps sans fin et finit par les épuiser.

Tu, c’est Lui, prisonnier d’Elle, piégé dans les rets de cette femme-serpent, boa constrictor de l’amour, en pleine fusion. Comment restez soi ? Comment se revenir à soi-même ? Quel douloureux chemin faut-il pour parcourir pour retrouver son Je, violenté par la tourmente de cet amour dément ? Comment recouvrer son moi et la liberté nécessaire à sa propre survie ? Comment remonter sur le ring alors que le combat face à Elle, femme vampire, est perdu d’avance ? Comment résister un soir de plus ?

Le Elle, je préfère vous laisser le « plaisir » de la découverte. 😉

Il y a ce côté incandescent, il y a ce côté violent ; C’est sans fard ; Chez Adeline Fleury, on n’est pas là pour se cacher, on est là pour montrer : crue, sensuelle et vraie. Il n’y a pas de décors, point de décorum, à ce récit brutal, terrible et pourtant magnifique, de deux êtres qui s’entre-dévorent, précipitant leur propre perte. Peu ou pas de lyrisme dans ce récit effarant d’une passion amoureuse qui se consume à haute vitesse, portant dès la naissance, les gênes de sa déréliction. En éteignant quasi littéralement tous les alentours de ce roman (personnages secondaires, décors, zéro description, pas de prénoms), l’auteure ne se préoccupe que du cœur de son sujet, pour mieux le disséquer, l’éventrer, et voir finalement ce qu’il reste quand tout bascule dans la folie pure des corps qui s’épuisent. Et mettre à jour ce triangle des sentiments qui joue à merveille sur les identités amoureuses autant que sexuelles.

Adeline Fleury, dont on perçoit la très belle énergie à écrire ce roman, échafaude très habilement le cadre d’un authentique thriller psychologique, en appelant également à la barre tous les ressorts de la tension amoureuse et sexuelle dans le couple. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : oui c’est chaud, c’est même carrément brûlant comme roman. C’est du désir, des pulsions, des sensations et des émotions. Voilà qui bien sûr ajoute à la tension de la lecture d’un tel roman, mâtiné d’érotisme, sans jamais sombrer ailleurs que dans le vrai.

L’écriture franche et directe de l’auteure sert magnifiquement un récit construit en trois parties parfaitement distinctes qui autopsie méticuleusement d’une manière très réaliste, les ravages de la passion sur et dans les corps, jusqu’aux recoins les plus inatteignables de l’âme humaine.

Ecrit au contact, au plus proche des corps et au plus près de la peau. C’est le récit épidermique d’une fusion de deux êtres que rien ne semble parvenir à séparer. Ni à réparer d’ailleurs. C’est là où normalement je voulais parler de desquamation amoureuse histoire de faire savant, mais finalement j’ai mis l’idée de côté.

C’est brillant, haletant (dans tous les sens du terme) de bout en bout.

Ah oui pardon, je ne vous ai toujours pas parlé de la troisième partie. Re – 😉.

Just read. A découvrir d’urgence. Prenant, sidérant et bluffant.  Chapeau !

Je, tu, elle d’Adeline Fleury aux éditions François Bourin

 

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