Matthias Jambon-Puillet passe les menottes …

IMG_5102Du courage c’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit en refermant ce roman.

Il en faut du courage pour s’attaquer à un sujet pareil pour son premier roman ! Oui il en faut car malgré sa couverture colorée, le roman de Matthias Jambon-Puillet s’attaque au très périlleux (et acrobatique !) sujet du BDSM : comprenez Bondage – Soumission – Sado-Masochisme. Quand on vous dit que la littérature peut tout, vous êtes priés de le croire donc !

Le soir de son enterrement de vie de garçon, Marc disparaît, laissant sur le carreau une jeune fiancée enceinte de quelques mois. Trois ans plus tard, dans un appartement lyonnais, les pompiers font la macabre découverte d’un corps. Une femme, toute vêtue de latex. Dans la salle de bains, prostré, assoiffé, Marc. Que s’est-il passé ?

Evidemment, on pense d’abord à un polar un brin glauque. Mais l’auteur bascule assez vite et très justement dans le livre enquête.  Et les questions affluent sans prévenir. Qui aimons-nous vraiment ? Comment aimons-nous ? Ces jeux de domination sont-ils une forme d’amour ? Comment aimer vraiment ? Les pratiques considérées comme « déviantes » le sont-elles réellement ? Au fond, comment être soi-même, quand le monde nous impose, non, nous rabâche sans cesse ses normes ?

Voilà pêle-mêle quelques-unes des questions qui surgiront autour de la lecture de ce très surprenant roman. Surprenant oui et vraiment dérangeant, car il aborde sans complexe, un sujet que nous aurions d’ordinaire réservé à une partie fine un peu glauque dans le hangar d’une zone d’activités anonyme en écoutant du Rammstein. Un truc de clous, de fer et d’ustensiles aux formes bizarres. Un truc tabou, un joujou extra. Pardon, Jacques D.

Le talent de l’auteur est de ne jamais sombrer ni dans la vulgarité, ni dans le jugement sur les sexualités alternatives mais de rester droit dans ses bottes. De cuir bien sûr. Règle N°1 : regarder son sujet bien en face, sans broncher : de ce point de vue là le roman est parfaitement réussi.

Evidemment ce n’est pas une lecture très confortable, ni très moral : le principe du BDSM c’est quand même la relation dominant – dominé, donc cela suppose de la douleur. A tout le moins, l’idée d’une souffrance dans la relation ; ça m’a mis un peu le bourdon ce truc qui ressemble à de l’amour sans le faire (fer ?) surtout dans la première partie. Il y a du malaise donc, mais aussi une (saine !) curiosité à essayer de comprendre ces couples qui se construisent dans ce qui amène l’idée une espèce d’intensité transcendantale qui échappe aux codes normés de la société. Et ça c’est tout le propos de la deuxième partie du roman : comment se relever quand on a connu l’extrême ? Et le peut-on réellement ?

Bon je ne vous en voudrais pas si vous attaquer ce roman avec un regard un peu amusé ou un brin coquin, mais au-delà de l’aspect forcément un peu olé olé du sujet, Matthias Jambon – Puillet invite astucieusement à s’interroger sur les notions du pouvoir physique et de l’équilibre émotionnel dans le couple.

Je remercie Jenna, sorte de jeune fille orchestre toujours de bonne humeur, chanteuse, blogueuse, youtubeuse, pianiste aussi ! de m’avoir permis de lire ce roman ! A suivre sur insta, sur facebook, sur la lune, enfin partout quoi. Et son site est par là https://jennaboulmedais.com/

Objet trouvé de Matthias Jambon-Puillet aux éditions Anne Carrière, 2018

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